La Franc-Maçonnerie
en Terre Sainte
De la Palestine ottomane à l'Étoile d'Israël — plus d'un siècle de fraternité
De la Palestine ottomane à l'Étoile d'Israël — plus d'un siècle de fraternité
Jusqu'en 1917, la Palestine ottomane connut un développement maçonnique tardif et humaniste. En 1868, sous l'impulsion du Grand Maître américain Robert Morris, la première réunion maçonnique de Palestine eut lieu, suivie en 1873 de l'ouverture à Jérusalem de la « Royal Solomon Mother Lodge », sous juridiction du Grand Orient de France.
Par la suite, des obédiences étrangères — Grande Loge de Turquie, Grande Loge d'Égypte — s'implantèrent en Palestine. En 1891, des francs-maçons français créèrent à Jaffa la loge « Le Port du Temple de Salomon ». Au début du XXe siècle, l'activité maçonnique augmenta parallèlement au développement économique, posant les bases d'un mouvement laïc et interconfessionnel en Palestine.
Sur 157 membres, on comptait environ 70 musulmans, 52 chrétiens et 34 juifs — réunis dans une même fraternité.
☉ ✦ ☽La loge Barkaï — « L'Aurore » en hébreu — fut fondée en 1906 à Jaffa. Son premier président était un Libanais chrétien et vice-consul britannique ; il présida la loge pendant vingt-trois ans.
Avant la Première Guerre mondiale, Barkaï s'imposa comme un lieu de rencontre interconfessionnel unique : sur 157 membres recensés entre 1906 et 1915, on comptait environ 70 musulmans, 52 chrétiens et 34 juifs. La loge menait de nombreuses actions sociales et attirait des notables de tous bords.
Les temples maçonniques furent incendiés et plusieurs francs-maçons furent tués par les partisans du mufti.
☽ ✦ ☉Avec la guerre et la montée des tensions nationalistes, Barkaï connut des perturbations majeures : son président fut exilé en 1916 et les archives furent détruites en 1942 lors de la menace de Rommel.
Les années 1920 marquèrent la montée de l'antimaçonnisme en Palestine : des émeutes et massacres (1921, 1929, 1936) furent attisés par le Grand Mufti Amin al-Husseini, soutenu par l'Empire ottoman et les nazis, contre les Juifs, les Anglais et les maçons. Les temples maçonniques furent incendiés et plusieurs francs-maçons furent tués.
Dans ce climat de terreur, la loge Barkaï cessa ses activités peu après 1921. Elle ne renaquit qu'en 1925 avec une poignée de survivants, majoritairement juifs — les maçons musulmans ayant émigré en Égypte. Malgré une brève reprise, les activités maçonniques s'arrêtèrent jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
Environ 80 loges y travaillaient en huit langues, accueillant six communautés religieuses différentes.
☉ ✦ ☽Après la guerre, la franc-maçonnerie en Israël réorganisa son paysage. En 1953, toutes les obédiences locales se fédérèrent en une seule « Grande Loge de l'État d'Israël », reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre. Environ 80 loges y travaillaient en huit langues, accueillant six communautés religieuses différentes.
Dans les années 1970-80, le Grand Orient de France renoua officiellement avec Israël : en 1973, il inaugura l'Étoile de Jérusalem, symbole d'ancrage du peuple juif. Une seconde loge française, « Frères de Sion », fut créée en 1982.
Un rituel célébré au pied du Mont du Temple, dans la grotte de Sédécias — ancienne carrière de pierre associée symboliquement à la construction du Temple de Salomon.
☽ ✦ ☉En 2004, une loge parisienne, « L'Étoile de la Paix », rassembla juifs et arabes pour favoriser la tolérance. En 2005, elle donna naissance en Israël à « l'Étoile d'Israël », à Tel-Aviv, ouverte par un rituel célébré au pied du Mont du Temple, dans la grotte de Sédécias, ancienne carrière de pierre associée symboliquement à la construction du Temple de Salomon.
Le Grand Orient de France fonda ensuite des loges locales à Haïfa (2012) et à Jérusalem (2015), composées de Juifs, Druzes, chrétiens et musulmans israéliens — mais ces initiatives s'avérèrent éphémères.
Aujourd'hui, la loge francophone « L'Étoile d'Israël » se réunit à Tel-Aviv dans un nouveau temple et compte plus de 70 membres, travaillant en fraternité dans un esprit d'humanisme et de tolérance laïque.
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